Exquisite Welfare of Uncanny Mutations
Cumulus Artist Runspace, Bordeaux, Fr
2023

En conviant ces deux univers, à cohabiter et se développer conjointement au sein d’une seule et unique proposition sculpturale, deux mondes distincts s’entrechoquent et s’équilibrent en une vision commune.

En effet, si le travail de Manon Pretto semble s’articuler autour des possibles, d’un environnement où les fantômes digitaux d’une humanité liquéfiée œuvrent de manière autonome au fonctionnement d’un monde résiduel en quête d’équilibre, de croyance et d’objectif ; le royaume organique en mutation propre à l’œuvre de Simon Gabourg ne cesse quant à lui de réinterpréter le réel animal et végétal au sein d’une production ou mythes, rites et traditions semblent perdurer dans un monde où les plus grands acteurs de destruction ont vraisemblablement disparu. Malgré deux points de vue a priori radicalement opposés se tissent des liens très forts entre ces approches, mettant toutes deux en scène un monde d’après l’humanité, ou tout semble finalement trouver rythme et équilibre et dont les seules traces de notre présence déchue se délient au travers de fragiles réminiscences spirituelles aux allures de visions chamaniques. C’est alors, et, comme par magie, que tout fonctionne, que tout tient. On participe alors d’un univers paisible dont bien-être et harmonie sont peut-être les mettre mots. Il n’y a là, ni rapport de force, ni hiérarchie et ce monde en symbiose s’affiche tel un système global, un Hyperobjet idéal, nous renvoyant toujours plus violemment aux logiques qui régissent notre présent.

S’il est une chose qui semble s’affirmer dans ces deux travaux ne faisant désormais qu’un, c’est bien la possibilité d’un équilibre, une vision poétique comme arme contre un monde scindé aux fragmentations violentes et insoutenables, et dont la mutation semble nécessaire et émergente.

Guillaume BARONNET

Crédits : Guillaume Baronnet